2019

Mardi 31 décembre 2019

 

Il ne me reste que moins d'une heure pour écrire et publier le dernier billet de l'année 2019. Je pousserai ensuite cette page, commencée en juin, vers les archives. Alors que le ciel était gris, terne, l'atmosphère chargée d'humidité lorsque, vers 9 h, j'ai ouvert les volets de la chambre à coucher, en début d'après-midi, la couverture nuageuse a presque subitement disparu pour laisser place au soleil, au bleu du ciel.

voie romaine

En raison des conditions climatiques, les derniers moments de la dernière journée de 2019 ont donc été assez agréables à vivre. Ce qui fut loin d'être le cas pour bon nombre d'épisodes dans le courant de l'année qui s'achève, mais pour des causes, des raisons indépendantes du climat atmosphérique. Rien de véritablement catastrophique, mais très peu, trop peu, de périodes dignes d'être conservées en mémoire, d'être classées au rang des bons souvenirs. Pour Saki et moi, 2019 restera une année aussi terne, aussi grise que l'était le ciel ce matin, au réveil.

Une fin

Vendredi 27 décembre 2019

 

Je reviens souvent consulter Soleil d'hiver avec à l'envie d'y ajouter une nouveau billet. J'ai beau relire la totalité des publications, au point de presque pouvoir réciter le contenu par cœur, il ne résulte de ces relectures aucune pensée qui mériterait d'être transcrite, aucune idée qui me permettrait de composer un texte digne d'une nouvelle publication. Donc, relire ce que j'ai pu écrire est inutile. Tout ce que je suis en mesure de faire, c'est du remplissage tel que je le fais en ce moment. Ce moment qui coïncide avec la fin de l'année qui coïncide, elle-même, avec la fin de pauvres illusions que j'essayais encore d'entretenir, mais sans grande conviction, au cours de ces derniers mois. « Il faut une fin à tout puisque rien n'est éternel en ce bas-monde », soit la phrase type qui permet d'accepter les vicissitudes de l'existence, d'oublier les mauvais jours aussi simplement que de jeter dans un tiroir l’agenda désormais inutile de l'année passée. Quant à ouvrir un nouvel agenda, épingler sur le mur le calendrier acheté aux éboueurs, il y a plus d'un mois déjà, c'est sûrement ce que je ferai pas. À quoi bon ?

En marge

Jeudi 21 novembre 2019

 

Les éboueurs qui, contre quelque argent, distribuent les calendriers en faisant du porte-à-porte ont inauguré, ce soir, la période festive qui coïncide avec la naissance du petit Jésus. D'année en année, cette période débute de plus en plus tôt. En ouvrant la portant d'entrée, après avoir entendu les deux ou trois coups frappés, je ne m'attendais pas à faire face à un éboueur, alors que son collègue tambourinait sur la porte voisine. Je ne pensais pas, en cette fin novembre, à échanger avec un large sourire les meilleurs vœux pour l'an 2020. En revenant à l'un de mes trois bureaux, celui sur lequel est installé le PC, je me suis dit que, finalement, j'étais dans l'air du temps, puisque, il y a tout juste une semaine — lire plus bas —, j'avais déjà jeté l'année 2019 à la fosse commune, estimant par là qu'elle avait assez durée. Je ne suis donc pas aussi marginalisé par rapport à cette maudite société que je pouvais le croire jusqu'à ce soir. Peut-être qu'en 2020, Saki et moi, nous serons enfin de bons citoyens, bien assimilés. Encore un petit effort.

Pour survivre

Vendredi 15 novembre 2019

 

Avec quelques semaines d'avance, j'ai prononcé, hier, l'oraison funèbre de l'année 2019 et, par contiguïté, celle de la deuxième décennie* du XXIe siècle qui a si mal commencé et qui, probablement, se terminera dans un épouvantable chaos, mais heureusement sans nous — Saki et moi. Une ère s'achève. Le monde dans lequel, autrefois, la vie pouvait relativement facilement s'adapter se décompose très rapidement, maintenant. Tombée sous la coupe du quadrupède humain, ivre de ce qu'il dénomme le progrès, la nature surexploitée est désormais à l'agonie. Nul ne peut aujourd'hui l'ignorer. Il est dès lors impensable que la nature reprenne le dessus sans que l'espèce humaine soit en grande partie éliminée, réduite à des proportions qui soient celles d'avant l’émergence de cette putain de civilisation dont l'homme, mauvais démiurge, n'aura cessé de s’enorgueillir après l'avoir engendrée, suite à la formation des premiers états, il y a environ 7000 ans. Jusque là, le contrôle des naissances était une véritable obsession pour l'ancêtre de l'animal humain. Au nom de La Civilisation, se sont les états et, plus tard, à l'ère du capitalisme, les industries qui ont poussé les crétin.e.s à la reproduction en masse renforcée par l'augmentation de l'espérance de vie de ces pauvres débiles. La nature en subit les conséquences. Le monde est devenu invivable. Saki et moi, nous faisons de notre mieux pour survivre au sein de ce bordel infâme, parce qu'il est pour nous impensable de céder notre place aux représentants de cette maudite civilisation actuellement et inéluctablement en voie de désagrégation.
Pour résister, Saki pense et moi j'écris.

*erratum : puisque notre siècle a commencé avec l’an 2001, sa première décennie couvrait les années 2001-2010 et sa deuxième décennie couvre les années 2011-2020.

Sur sa fin

Jeudi 14 novembre 2019

 

Plus d'un mois nous sépare de l'hiver astronomique et nous n'avons pas perçu le moindre rayon de soleil de toute la journée. Il pleuvait en début de matinée. Soleil d'hiver n'est donc pas en phase avec l'ordre du jour. Je ne parviens pas à me souvenir clairement de ce qui m'avait incité à titrer ce blog ainsi. Il est probable que ce titre soit en rapport avec la bannière photographique, une prise de vue réalisée au cours d'un mois de janvier, il y a déjà quelques années. Saki n'était peut-être pas encore né.
2019 tire à sa fin et ne se singularisera pas par la quantité de mes publications sur le Web, en ce qui concerne le nombre de textes, ni même pour le nombre d'images. La dernière année de cette décennie, elle aussi sur sa fin, restera en tout état de cause une année creuse, assez insignifiante. 2019 ne pèsera pas très lourd dans nos mémoires, celle de Saki et la mienne. Mais, si cette année finissante n'a rien de remarquable, au regard de nos existences, nous ne nous en plaindrons pas. Rien à déplorer, rien à regretter, rien à retenir de cette année là. 2019 sera vite oubliée.

Pourquoi pas ?

Mardi 11 juin 2019

 

Voilà une dizaine de jours déjà que j'ai encodé une nouvelle page Web avec l'intention de rassembler sur cet espace les textes à venir au lieu de les éparpiller sur différents blogs, comme j'ai pu le faire jusqu'à présent. Je réalise seulement aujourd'hui que les heures passées à mettre en forme cette nouvelle page sont peut-être du temps perdu. En effet, il est peu probable que l'avenir soit riche de publications étant donné que, pour moi, l'envie d'écrire ne se manifeste plus aussi souvent que par le passé. Pour preuve, la tentative de relancer une production scripturale, en tout début d'année, s'est rapidement soldée par un échec : Service Postal n'aura pas dépassé le stade de cinq publications au cours de ces cinq derniers mois. J'avais pourtant misé sur le côté esthétique de cette entreprise, pensant que la forme m'inciterait à créer du contenu. C'est ce constat qui me fait croire que Soleil d'hiver connaîtra à peu près le même sort que le Service Postal et qu'il est vain de compter sur une multiplication miraculeuse des publications. Pourtant, je persiste à penser qu'en posant un cadre, telle que cette page Web, l'envie de le remplir, d'y afficher du texte devrait suivre, et qu'il suffira de m'efforcer à écrire plus régulièrement que je ne le fais. Pourquoi pas ?